Histoire de la Paroisse de la Sainte Famille du Kremlin-Bicêtre

A la Création de la commune du Kremlin-Bicêtre, en 1896,  il n’y avait pas d’église dans la commune. Le père Martial Aigouy vicaire à Gentilly fut nommé pour créer une église au Kremlin-Bicêtre en cet environnement très anticlérical. Le port de la soutane fut même interdit en 1900 par le maire Eugène Thomas sur le territoire de la commune.

La première église fut crée à l’emplacement de l’école Jeanne-d’Arc actuelle.

Ensuite, l’église étant devenue trop petite une nouvelle fut construite rue Danton.

Puis la population du Kremlin-Bicêtre ne cessant de croître une nouvelle église fut construite. L’église actuelle date du début des années 1970. Les différentes églises ont été construites par une Association loi 1901, seule possibilité de construire des églises à cette époque.

L’intérieur de l’église lors d’un mariage

L’animation de la Paroisse fut confié à une nouvelle congrégation, celle des fils de la Charité, pendant plus de 80 ans jusqu’en 2008. Pendant une grande partie du dix-neuvième siècle la paroisse a eu un rôle social important. Les œuvres dont elle eut l’initiative, école, patronage, camps et colonies de vacances, mouvements catholiques ouvriers locaux, œuvres caritatives ont participé à l’épanouissement des habitants  de la commune. De nombreux paroissiens ont été actifs dans les mouvements syndicaux, de parents d’élèves, de défense des locataires…

Petit à petit le rôle social étant rempli  par la commune, la paroisse s’est recentrée sur son rôle plus missionnaire.

Après le départ des fils de la Charité la paroisse a eu deux Curés : le père Joseph Auneau, puis le Père  Albert Nyagahakwa, actuel Curé de nos Paroisses.

Une congrégation religieuse, les sœurs du Sacré Cœur de Jésus, a été nommée en 2008 pour aider les nouveaux prêtres dans leurs missions.

Martial Aigouy, le Curé aux yeux d’ombre.

Martial Aigouy était né à Marjevols en 1867. Ordonné prêtre en 1891, un moment vicaire à Sceaux puis à Gentilly, il a d’abord été chargé, sur le quartier du Kremlin, de la petite chapelle de la rue Carnot et, en 1897, il devient le premier curé du Kremlin-Bicêtre au moment de la création de la commune.

Le père Martial Aigouy, premier curé du Kremlin-Bicêtre. (portrait peint et conservé à la paroisse Saint Antoine des quinze/vingt, Paris 12ème).

« Missionnaire désireux d’évangéliser la Chine aux portes de Paris », « constructeur infatigable »,  « combattant de la misère », homme de prière vivant lui-même dans le dénuement et apportant aux petits et aux pauvres des cadeaux et des secours qu’il appelle « le 8ème sacrement », Martial Aigouy est un homme d’exception, par sa personnalité, son énergie et son dévouement.

René Bazin le décrit en 1909 dans le roman La barrière : « un prêtre jeune, très grand, qui avait de profonds yeux noirs et tant d’ombre autour ».

La tâche n’est pas aisée pour le curé Aigouy, car depuis 1897, son action se heurte à l’hostilité d’Eugène Thomas, le maire blanquiste du Kremlin-Bicêtre, dont l’anticléricalisme militant conduit à quelques conflits acharnés et pittoresques d’autant que jusqu’en 1905, les ecclésiastiques sont des agents publics.

La chapelle de la rue Carnot est fermée pour raisons administratives et en 1900, le maire prend le fameux décret interdisant le port de la soutane sur le territoire de la commune du Kremlin-Bicêtre, qui fait rire toute la France.

Martial Aigouy continuera son œuvre au Kremlin-Bicêtre jusqu’en 1920 et mettra en place, outre la chapelle du Plateau  et la Sainte Famille de la rue Danton, des installations d’aides aux chômeurs (l’ouvroir), des aides aux repas pour les plus pauvres (Le fourneau économique), des systèmes d’entraide divers (L’œuvre  des draps, les jardins ouvriers) et des écoles dont l’une, l’École Jeanne d’Arc, subsiste encore de nos jours.

Nommé en 1920 curé de Saint-Antoine des Quinze-Vingts, Martial Aigouy écrira à son évêque pour lui dire son désarroi d’abandonner son cher Kremlin-Bicêtre : « L’obligation de quitter le Kremlin après y avoir consacré toute ma vie de prêtre est pour moi une très vive et très profonde douleur. J’en fais le sacrifice mais je ne serai désormais qu’un pauvre arbre déraciné. »

Dans sa nouvelle paroisse parisienne il poursuivra jusqu’à sa mort, le 5 mars 1934, son action passionnée en faveur des plus pauvres.